Toulouse : Un autre regard sur Bagatelle

Ce Parcours Sonore vous emmène loin des clichés traditionnels qui peuvent coller à la peau de la banlieue Toulousaine.
Il vous donne à entendre la face cachée d’un quartier dans lequel les habitants sont solidaires et investis dans de multiples associations.
Vous irez également à la découverte des artistes du quartier.

Ce parcours a été publié en 2018 par Agnès Gontier de Résonance Sonore avec l’aide de la DRAC Occitanie.

Réalisation, Prise de son, Montage, Mixage : Agnès Gontier

place1 – Ouvrons le livre du passé

A la place de l’actuelle bibliothèque, une ferme avec des champs était là.
Marie-Claude se souvient non sans nostalgie, des premières années dans le quartier.
La rue de la Martinique où toute sa famille habitait, la ferme et le fameux bus numéro 5.

place2 – Le couloir aérien à Bagatelle

Le passage des avions fait partie de la vie du quartier. Cyril Amouroux, habitant des Maisons Castors, a travaillé en tant qu’artiste sur des séries de gravures pour exprimer le passage des avions sur le quartier de Bagatelle. A travers celles-ci, il exprime l’impact sonore du couloir aérien sur sa façon de vivre.

place3 – La Cité des Castors de Bagatelle

En 1952, le premier coup de pioche est donné. A l’époque, Bagatelle est un lieu dit en pleine campagne, c’est donc au milieu des champs que des employés de la SNCASE (Société Nationale de la Construction Aéronautique du Sud-Est) obtiennent l’autorisation de construire leur maison. Une centaine d’employés se mobilisent sous le nom de Castors pour construire la cité de leur rêve et pouvoir ainsi se loger décemment. Ils terrassent eux-même à la pelle et à la pioche ! Leur association nommée « Notre Logis » est très structurée et composée de plusieurs commissions (plomberie, peinture, etc…), ce qui leur a permis d’aller au bout du projet. Ils leur faudra trois ans pour construire 50 maisons composées de deux logements chacune. Leur attribution a été réalisé par tirage au sort à la fin du chantier.

place4 – La Tour du Parc

A Bagatelle, deux grandes tours dominent le quartier. L’une est située place du Morvan, l’autre rue de la Manche. Ce sont deux constructions des années 60’. Emblématique du quartier, elles font parties des plus grandes tours de Toulouse. La tour du Parc est avec ses 67 mètres et ses 21 étages actuellement la plus grande tour de la ville rose. Elle fête aujourd’hui ses 50 ans. Elles sont le témoin des constructions des grands ensembles français qui, à l’époque, ont apporté un confort moderne (eau chaude, chauffage…)aux ouvriers des banlieues, aux habitants de bidonvilles ou encore aux rapatriés d’’AlgérieL. Ces deux tours sont restées debout depuis, elles n’ont pas été détruites à la rénovation du quartier.
Si les grands ensembles sont aujourd’hui décriés par l’entassement de population qu’ils engendrent et sont dépassés au niveau du confort, La Tour Parc, place du Morvan à Bagatelle à Toulouse, semble être encore, selon le témoignage de ses habitants, un lieu du vivre ensemble où les différentes origines et religions se côtoient.
Vue imprenable aussi bien sur les avions que sur la ville, habiter à La Tour du Parc n’est pas commun, et pas du goût de tous, mais pour ceux qui y reste, ça donne de la hauteur. Merci à aux habitants de la Tour du Parc ayant bien voulu témoigner.

place6 – L’oreille du quartier

L’art comme engagement social Depuis plus de 20 ans, Brigitte Pélucchini habite dans le quartier de Bagatelle à Toulouse. Artiste peintre, elle est connue de tout le quartier. Son pinceau est bien plus qu’un outil de création, il est le symbole de son engagement social. Au détour d’une rue de Bagatelle, une porte colorée attire votre regard : voici l’oreille du quartier.
Sous un immeuble à Tabbar, des dessins d’enfants égaient le passage pour les piétons. Un dessin sur une pierre anti-rodéo, vous invite à vous installer pour jouer aux dames.
Ses œuvres sont comme des pépites colorées qui marquent le territoire et rappellent l’histoire d’un quartier. Elles sont signées d’un petit papillon, reflet de l’âme dans la culture africaine. Cette émission Quartier de Vie, vous propose de virevolter dans le quartier de Bagatelle pour en découvrir quelques unes.

place7 – Diapason

« Notre rôle est d’aider à franchir une étape » Diapason est une association du quartier de Bagatelle à Toulouse. Elle propose chaque semaine une trentaine d’heures de cours collectifs de différents niveaux et quelques heures de cours particuliers en langue française ou en alphabétisation. Ces cours sont assurés par une vingtaine de bénévoles et quatre salariés. Tous souhaitent aider les personnes, arrivants dans notre pays ou ayant des difficultés en français, à progresser dans la langue. Ce lieu bienveillant est aussi un lieu de partage autour de la culture française et celles des élèves de différentes nationalités. C’est l’occasion pour certains de sortir de l’isolement et de faire un pas en avant vers l’avenir. Beaucoup, en effet, quittent leur pays pour des raisons graves, souvent au péril de leur vie.

place8 – Escapade

L’association permet aux gens du quartier de se rencontrer. Elle propose également des sorties mais aussi une aide administrative pour ceux qui en n’ont besoin. Nicole Pascau est présidente de l’association depuis déjà quelques années, c’est avec un grand coeur qu’elle s’en occupe avec l’aide des adhérents.

place9 – L’explosion d’AZF

Souvenirs de l’explosion d’AZF par des habitantes du quartier. Dix jours après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, l’usine AZF explose peu après 10H. A l’origine de cette explosion un stock de 300 à 400 tonnes de nitrate d’ammonium destiné à la production d’engrais. Le bilan officiel est de 30 morts et environ 2500 blessées. Des habitantes de Bagatelle se souviennent.

place10 – La Maison de Quartier de Bagatelle

« Un véritable épanouissement de citoyen ». A Toulouse, le vendredi soir à 18h les portes de la Maison de Quartier de Bagatelle s’ouvrent. C’est l’heure de la permanence, des bénévoles sont là pour permettre aux habitants et aux associations du quartier de réserver les salles. Des gens font la queue dans le couloir, d’autres discutent autour d’un apéritif des prochaines activités du lieu. Pour Salim, la Maison de Quartier de Bagatelle est un lieu comme nulle part ailleurs : « il y a pleins de choses : des activités, du lien humain, du social, c’est un véritable épanouissement de citoyen ».

place11 – Anissa, la boxeuse

Anissa Benyoub est une battante, rien ne l’arrête depuis qu’elle a enfilé les gants de boxe. Elle a été sacrée en 2019 championne de France chez les super legères. Elle pratique la boxe anglaise depuis l’âge de 12 ans au BTB, Boxing Toulouse Bagatelle. Un club qui a fait ses débuts, ici, sous la halle couverte de Bagatelle avant d’être transféré au complexe sportif de la Farouette. Un club comme nulle part ailleurs, dans lequel la philosophie d’entraide et d’accompagnement a été insufflé par son fondateur Philippe Girard dès 1991.
Un club reconnu depuis longtemps dans le quartier, et par le grand public depuis les Jeux Olympiques de Rio en 2016 grâce à la médaille d’argent de Sofiane Oumiha, sportif issu du club.
Le BTB, c’est aussi l’un des premiers club de boxe qui ouvre ses portes aux femmes créant une mixité de genre dans un milieu encore très fermé vis-à-vis des femmes début des années 90.
Aujourd’hui, nous vous proposons d’écouter le portrait d’Anissa Benyoub, entrainée par Adama Diarra, cette boxeuse professionnelle du BTB a un bel avenir devant elle !

place12 – Le Centre Social

« Le Centre Social, c’est une grande place de village ! ». Le Centre Social de Bagatelle-Farouette à Toulouse est composé d’un espace d’accueil et d’une halte garderie. Géré par la Caisse d’Allocations Familiales en convention avec la mairie de Toulouse, ce centre propose de répondre aux problématiques sociales rencontrées par les personnes du quartier. C’est aussi un véritable lieu d’échange et d’entraide dans lequel les habitants ont la parole et se réunissent pour entreprendre des projets communs.

place13 – Sur les planches avec Fatiha

La timidité de Fatiha l’a finalement amenée à être ambassadrice du théâtre. Touchée par le roman de Romain Gary, « La vie devant soi », histoire d’une ancienne prostituée juive reconvertie en nounou qui se prend d’amitié pour un petit garçon musulman « Momo », Fatiha Bouakel décide de proposer bénévolement dans son quartier un atelier de théâtre intergénérationnel afin de partager sa passion. C’est ainsi que les habitants du quartier se sont unis, d’abord autour de petites improvisations, avant de monter de véritables spectacles de théâtre joués au Centre Henri-Desbals déjà depuis plusieurs années.